DOSSIER    La sécurité individuelle

© Documentation Voile 2018 | Théo Devigne

Les bons gestes et la sécurité individuelle

La voile est un sport mécanique qui demande des déplacements sur un support mobile et parfois instable, notamment lors des manœuvres. Afin d’éviter de se blesser, il est important d’adopter les bons gestes et d’anticiper les dangers.

Les déplacements : Penser à baisser son centre de gravité pour être plus stable, en cas de mer formée, lorsque le bateau gite. Toujours garder « Une main pour soi, une main pour la bateau ». Au près, préférer passer au vent et au portant passer sous le vent pour éviter un coup de bôme en cas d’empannage sauvage. Ne pas hésiter à s’attacher à la ligne de vie lorsque le vent fraichit, la nuit, en cas de mal de mer, ou encore lorsque l’on urine par-dessus bord.

Les winchs : les risque pour les mains sont réel : toujours faire au moins deux tours lorsqu’il y a de la pression dans la drisse ou l’écoute. Garder une distance entre le winch et les mains : idéalement 20 cm (de même pour les poulies). Pour lâcher un peu de mou ou lorsque l’on s’apprête à choquer l’écoute lors d’un virement de bord par exemple, bloquer en mettant la main en pince de crabe sur le winch.

La bôme : La bôme passe régulièrement à hauteur de tête et parfois à grande vitesse. Il est impératif de s’en protéger, surtout au portant. Un coup de bôme peut projeter une personne par-dessus bord entrainer des blessures graves parfois mortelles.

L’empannage est une situation à risque. Il faut anticiper la trajectoire de la bôme et du palan et ne pas se mettre dans son chemin. Embraquer* la GV permet d’assurer un empannage en toute sécurité.

Enfin, il est conseillé d’envoyer la grand-voile au près plutôt que face au vent afin d’éviter quelle batte dans le cockpit.

La chaine, l’ancre et le guindeau* : Les risques de blessures aux mains et aux pieds sont réels. Il faut toujours les manipuler avec des gants et des chaussures : lors de la descente de la chaine, toujours utiliser le pied pour stopper la chaine pour éviter de blessures graves aux doigts. Lorsque l’on remonte la chaine à la main, faire travailler les cuisses et les bras et préserver son dos.

Le tangon : toujours se positionner face au spi lorsque l’on manipule le tangon afin d’éviter un coup violent au visage qui pourrait occasionner une fracture grave.

La cuisine : en mer, il est important de prendre le temps de cuisiner pour garder la forme mais quelques petites règles de sécurité doivent être respectées : attention à l’eau bouillante (en cas de gite ou de mer formée, mettre un bas de ciré et des bottes pour cuisiner), bien fixer les casseroles et libérer le cardan* afin de permettre de garder la cuisinière toujours horizontale, Ne pas laisser une casserole sur le feu sans surveillance et garder à portée de main un couvercle et une couverture anti-feu au cas où une casserole prendrait feu. Si la cuisine est devant l’entrée d’une cabine, ne pas dormir à l’intérieur de celle-ci lorsque l’on cuisine au risque d’être bloqué en cas d’incendie.

Équipements personnels : Afin d’éviter les blessures, il est important de porter les vêtements adéquats. Les taquets, les poulies, cadènes, sont autant de danger qu’il est indispensable de porter des chaussures fermées pour s’en prémunir. Les gants sont aussi vivement conseillés lorsque la croisière devient sportive et lorsque l’on enchaine les manœuvres. Porter un bonnet l’hiver pour éviter de forte déperdition de chaleur par la tête. L’été, porter un chapeau et de la crème solaire. Une erreur fréquente est d’oublier de le faire lorsque l’on est au près étant donné que la fraicheur du vent peut faire oublier que le soleil tape fort. Le gilet de sauvetage fait partie des équipements de base en mer. Il est de la responsabilité du chef de bord de veiller à ce qu’elle soit portée. En cas de chute à l’eau, il faut pouvoir économiser ses forces pour augmenter l’espérance de vie qui dépendra essentiellement de la rapidité de l’équipage à vous récupérer et la température de l’eau. La nuit, il faut porter une lampe flash (fixée à l’intérieur du gilet autogonflant) qui s’allumera automatiquement au contact de l’eau.

La règle des 5 F et le mal de mer

Le mal de mer et la fatigue peuvent amener l’équipage à prendre de mauvaises décisions ou à réagir de façon inappropriée ce qui peut occasionner des dangers plus ou moins grave. Froid, Faim, Fatigue, Frousse (aspect psychologique) et « Foif » (la soif) sont les cinq éléments bien connus des marins qui favorisant le mal de mer. A part la frousse qui est un paramètre qui dépend beaucoup de la personnalité et l’expérience de chacun, de nombreuses solutions permettent de prévenir les autres F.

Froid : Pour lutter contre le froid, il est recommandé d’utiliser trois couches : la première à même la peau qui permet d’évacuer la transpiration, la seconde permet de tenir chaud (polaire) et la dernière protège du vent et de la pluie.

Faim : On dépense beaucoup de calories en navigation parce que les muscles travaillent en permanence pour garder l’équilibre, même pendant les phases de sommeil. Le froid augment aussi les besoins en calorie. Par conséquent, il est important de bien s’alimenter et de façon équilibrée avec un apport en glucides, protéines, lipides, vitamines et sels minéraux. Avant une navigation, éviter les aliments difficiles à digérer comme les plats trop gras, le lait, le café au lait et les jus de fruit (souvent acides). Pour une navigation à la journée, Il est possible de préparer un repas avant de partir pour éviter de cuisiner, surtout si l’on va faire du près. Pour des navigations hauturières : il faut préparer les repas en navigation : prévoir des choses simples. Des sachets de plats préparés lyophilisés peuvent être emporté en cas de gros temps pour manger si les conditions ne permettent pas de cuisiner.

« Foif » : Afin de rester hydraté, Il est conseillé de garder une bouteille d’eau à porter de main pendant la navigation afin de boire régulièrement et de ne pas attendre la soif. La consommation d’alcool est à proscrire en navigation et doit rester modérée le reste du temps car elle favorise la déshydratation. Il faut rester attentifs aux signes qui peuvent alerter d’un manque d’eau comme des urines trop foncées.

Fatigue : Enfin, pour prévenir la fatigue, il est important de savoir s’économiser et de respecter des cycles de sommeil complet même lorsque l’on est en quart. Chaque équipier doit faire attention à son bienêtre mais il est de la responsabilité du chef de bord de s’assurer que tout le monde va bien et de rester attentifs aux besoins de bases de l’équipage.

Les causes du mal de mer :

Que l’on soit navigateurs professionnels, skipper, régatier ou tout simplement plaisancier, chacun peut ressentir le mal de mer.  Le mal de mer est une pathologie qui provient d’informations contradictoires envoyées au cerveau par différents récepteurs sensoriels comme le propriocepteur, qui va percevoir la position des différentes parties du corps, le système vestibulaire, barosensible, situé dans l'oreille interne, qui perçois les mouvements et contribue à l'équilibre, et enfin la vue. Le mal de mer est généralement causé par un mouvement ressenti mais non vu. Le mal des transports peut aussi être causé par un mouvement qui est vu mais non ressenti. Les passionnés de la table à carte ont bien remarqué que les symptômes apparaissent vite lorsque le bateau bouge beaucoup et que l’on essaie de regarder la carte qui est fixe. La personne malade peut ressentir alors différents effets, plus ou moins forts, du simple vertige, aux vomissements jusqu'au complet abattement. Il est donc important de respecter la règle des 5 F et de réagir rapidement lorsque l’on commence à ressentir les premiers symptômes.

Des solutions ?

Il faut tout d’abord cesser les activités qui vous donnent le mal de mer comme la navigation, et ceci, dès les premiers symptômes. Si possible, demandez à un équipier de vous remplacer. Il est conseillé de sortir sur le pont et de regarder l’horizon ce qui permet de renvoyer des signaux sensoriels cohérents. Rester à l’intérieur aggrave généralement les choses. Si vous êtes fatigués et incapable de rester actif, une possibilité est de s’allonger, les yeux fermés et d’essayer de dormir. Ceci supprime les informations visuelles incohérentes envoyé au cerveau et permet de se reposer (une des règles des 5F). Prendre la barre est aussi un moyen qui a fait ses preuves. Il permet de rester actif, et concentré à la fois sur ses propres mouvements et ceux du bateau mais aussi sur la ligne d’horizon. Les médicaments (dont l’homéopathie) font aussi parti des solutions pour contrer le mal de mer, ils sont considérés efficaces en préventif et curatif mais peuvent causer des effets indésirables.

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