DOSSIER    ANALYSE METEO

Décryptage Vendée globe 2016

BIEN EXPLOITER LES COURANTS DANS LES VENTS FAIBLES

28/12/2016 : Alors que les deux premiers concurrents vont buter dans une cellule anticyclonique, on voit qu'ils exploitent bien les courants océaniques. Chaque mille gagné vers les Sables d'Olonne est bon à prendre.

Après s’être déplacé vers le Nord, l’anticyclone se développe maintenant vers l’Est au niveau de l’Uruguay. Il va complètement barrer la route de Banque Populaire VIII puis d’Hugo Boss quelques heures plus tard. Les zones bleues foncées sont les zones avec des vents quasi nuls. Dans l’hémisphère Sud, le vent tourne autour d’un anticyclone dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Quand il est très aplati, comme cela devrait être le cas jeudi 29 décembre, on a du vent d’Ouest dans le Sud et du vent d’Est dans le Nord. Entre les deux, il y a une zone sans vent. Elle n’est pas toujours très large, mais le vent y est très erratique et très faible. Faute de pouvoir en faire le tour, c’est vers cette zone qu’Armel Le Cléac’h se dirige. Il va donc ralentir progressivement et peut-être s’arrêter complètement alors qu’Alex Thomson aura toujours un peu de vent derrière. L’écart entre les deux va se réduire. Heureusement, cette zone de calme n’est pas rectiligne. Elle se déplace un peu, s’étend et se contracte au fil des heures. Il se peut donc que l’un des deux bateaux trouve un

passage qui lui permettrait de continuer à progresser vers le Nord, mais rien de sûr. Face à l'incertitude, la stratégie est souvent de naviguer sur le bord qui permet de sortir le plus rapidement d'un tel piège. Dans ce cas précis, une fois dans la zone de vent faible, l'objectif sera de naviguer vers le Nord ou sur le bord qui s'en rapproche le plus afin de sortir au plus vite de la zone.  Quand la vitesse est faible, un autre élément devient déterminant. Il s'agit du courant qui peut atteindre plus de 2 noeuds (4 km/h) dans cette région. Il existe de nombreuses gires de courants qui forment de belles boucles. Elles peuvent aider à franchir une zone anticylonique. Dans tous les cas, il est préférable de les prendre au bon endroit, ce que font parfaitement Armel le Cléac'h et Alex Thomson. Après le passage du cap Horn, le flux de Sud-Ouest devrait se maintenir pour Jérémie Beyou et Jean-Pierre Dick. On pourrait donc voir l'écart entre ces deux concurrents et les deux premiers diminuer également dans les jours qui viennent. Derrière, Jean Le Cam et Yann Elies naviguent dans un vent modéré de Sud-Ouest alors que Louis Burton profite du vent de Nord en avant d'un front pour avaler les milles. Conrad Colman a réussi à maintenir une moyenne élevée. La dépression qui le pourchassait va maintenant se combler progressivement.  Les quatre derniers doivent gérer une dépression qui s'est formée au Sud de l'Australie. Didac Costa navigue au près dans le Sud de cette dépression alors les trois suivants naviguent vent de travers, des conditions peu habituelles dans cette partie du monde.

©  Christian Dumard et Bernard Sacré / Great Circle

NE PAS SE FAIRE PIÉGER PAR LES ANTICYCLONES

Contrairement aux idées reçues, lors de la remontée de l'Atlantique, les skippers passent souvent plus de temps à gérer les anticyclones que les dépressions. 

On porte toujours beaucoup d'attention aux dépressions parce qu'elles sont souvent synonymes de vents forts et de dangers. Les anticyclones sont plus souvent associés au beau temps. Pour les skippers, ils sont aussi synonymes de vents faibles ou nuls, surtout lorsque l’on se rapproche de leur centre. C'est un vrai cauchemar pour les coureurs. Les anticyclones peuvent se déplacer, mais ils sont parfois relativement stables, ce qui oblige les bateaux à en faire le tour. Les deux plus connus sur le Vendée Globe sont l’anticyclone de Sainte Hélène qu’il faut contourner sur la descente de l’Atlantique et celui des Açores qui est souvent en travers de la route directe lors de la remontée de l'Atlantique Nord. Aujourd’hui, la majorité de la flotte a pour principale préoccupation la gestion d’un anticyclone. Louis Burton s’est décalé dans l’Ouest pour contourner l’anticyclone des Açores (marqué avec un H sur la carte) et Nandor Fa fait de même.

Dans l’hémisphère Sud, Arnaud Boissières, Fabrice Amedeo, Alan Roura et Rich Wilson naviguent au près en bordure de l’anticyclone de Sainte-Hélène pour aller chercher l’alizé d’Est plus au Nord. Didac Costa et Romain Attanasio devront gérer ce même anticyclone dès demain alors que Pieter Heerema se pose la question de l’anticyclone qui bloque sa route.

Seul Sébastien Destremau qui est aux prises avec une succession de dépressions à l’approche du cap Horn doit rêver d’un bel anticyclone.

©  Christian Dumard et Bernard Sacré / Great Circle

BIEN SE POSITIONNER EN AVANT DE LA DÉPRESSION ATLANTIQUE

Le positionnement en avant de la dépression atlantique est un enjeu important pour StMichel-Virbac, Quéguiner-Leucémie Espoir et Finistère Mer Vent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Pierre Dick, Yann Eliès et Jean le Cam contournent l’anticyclone des Açores (H). Les deux derniers ont suivi une route un peu plus courte que St-Michel Virbac en profitant du déplacement vers l’Est de l’anticyclone durant les dernières 24 heures. L’objectif des trois bateaux est maintenant de bien se positionner en avant de la dépression qui arrive par l’Ouest et qui va leur apporter un vent de Sud soutenu. Qui dit vent au portant, dit avantage pour les foilers. On pourrait donc penser que les conditions à venir vont être favorables pour Jean-Pierre Dick.  Cela n’est pas si sûr. La dépression (L) ne se déplace pas très vite et elle a une trajectoire vers le Nord-Est. Le risque est donc que chacun vienne ralentir à tour de rôle dans le vent plus faible en avant de la dépression. Les trois bateaux pourraient alors se retrouver à quasi égalité dans trois jours quand ce système météo va faiblir. Tout se jouerait alors sur la façon de négocier les vents mollissants sur la fin du parcours. Rien n’est donc joué pour les trois concurrents qui naviguent ensemble depuis plus d’un mois.

©  Christian Dumard et Bernard Sacré / Great Circle

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